Les chiffres réels sont supérieurs (données partielles, arrondies, non chiffrées)

Ce recensement a été réalisé entre le 1er janvier 2025 et le 1er janvier 2026.
Il rassemble les incendies d’exploitations agricoles parmi lesquels certains ont entrainé la mort d’animaux d’élevage, brûlés vifs ou asphyxiés.

Les données ont été collectées à partir de sources publiques et vérifiables : articles de presse, services départementaux d’incendie et de secours (SDIS), directions départementales de la protection des populations (DDPP), ainsi que des mairies et autorités locales.

Ce travail a été mené de manière indépendante afin de documenter une réalité largement sous-estimée et rarement centralisée.

Les chiffres présentés ici sont partiels et a minima : de nombreux incendies ne font l’objet d’aucun décompte précis, ce qui signifie que la réalité est nécessairement plus élevée.

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Dans la majorité des incendies agricoles recensés (nb=458), la cause du départ de feu n’est pas communiquée par les médias.
Lorsqu’elle l’est, elle est le plus souvent qualifiée « d’accidentelle », un terme générique qui regroupe des situations très différentes, incluant des négligences humaines, des défauts d’installation ou des pratiques à risque.

Tous les incendies agricoles ne sont pas meurtriers.
Mais lorsqu’ils le sont, les conséquences en nombre d’animaux tués sont considérables.

Que signifie « pertes animales directes » ?

Dans ce recensement, deux situations sont distinguées :
Perte animale directe : animaux morts lors de l’incendie (brûlés vifs ou asphyxiés par les fumées).
Perte animale indirecte : animaux grièvement brûlés ou intoxiqués, morts dans les heures ou jours suivants ou euthanasiés en raison de leurs blessures.
Les statistiques distinguent systématiquement les incendies avec et sans pertes animales directes.

Les pertes animales indirectes sont, quant à elles, très rarement communiquées dans les médias, ce qui contribue à sous-estimer la mortalité réelle.

Lorsque les causes sont documentées, certaines reviennent de manière récurrente.
Elles ne relèvent ni du hasard, ni de la fatalité mais de facteurs structurels bien identifiés :
installations électriques défaillantes, co-stockage de matériaux inflammables avec des animaux, engins agricoles en surchauffe, défauts de maintenance ou de prévention.

Toutes les espèces d’élevage sont concernées

Dans ce tableau, les volailles (poules, poulets, poussins, cannetons, canards, dindes) apparaissent comme l’espèce la plus touchée par les incendies agricoles en 2025, avec, au minimum 162 160 décès, soit 91,78 % des pertes animales directes recensées.
Ce chiffre ne s’explique pas par un nombre plus élevé d’incendies dans les élevages avicoles mais par la concentration extrêmement élevée des animaux dans ces bâtiments.
Lorsqu’un incendie s’y déclare, l’évacuation est impossible : les animaux sont confinés, incapables de fuir et meurent en totalité.

Quelques incendies suffisent ainsi à provoquer des pertes massives, révélant une vulnérabilité structurelle propre aux élevages intensifs.

La catégorie « Autre » regroupe des causes identifiées mais moins fréquentes (feux de véhicules privés, actes humains isolés, défaillances techniques spécifiques, cas atypiques).

Lorsque les causes sont documentées, certaines reviennent de manière récurrente :

– Défaillances ou vétusté des installations électriques (courts circuits, surchauffes, étincelles)
– Etincelles et chaleur extrême produite par des engins agricoles (tracteur, pailleuse, leveuse, élévateur, etc.) même en stationnement
– Risques liés aux systèmes de chauffage, notamment les radiants au gaz ou électrique (étincelles, arc électrique, surchauffe)
– Installations photovoltaïques défectueuses, insuffisamment sécurisées ou contrôlées
– Travaux de maintenance ou de bricolage générant des étincelles (meulage, soudure, découpe), réalisés à proximité de zones à risque, notamment de fosses à lisier ou de matières émettant des gaz inflammables ainsi que de matériaux hautement inflammables comme le foin
– Auto combustion / fermentation de matières organiques mal stockées, en grande quantité, dans des bâtiments mal ventilés
– Stockage de matières hautement inflammables et/ou explosives à proximité immédiate des animaux
– Pannes électriques diverses entraînant l’arrêt des systèmes de ventilation ou d’alimentation vitaux
– Présence de méthaniseurs à proximité des bâtiments d’élevage constituant un facteur de risque supplémentaire.
Ces installations impliquent la production et la circulation de gaz hautement inflammables ainsi que des équipements électriques complexes.

En l’absence de distances de sécurité suffisantes, de contrôles stricts et de protocoles de maintenance adaptés, un incident technique peut rapidement entraîner un incendie ou une explosion, mettant directement en danger les animaux enfermés à proximité.

Dans une part significative des incendies recensés, des matériaux ou équipements à risque étaient stockés dans le même bâtiment que les animaux.
Cette pratique, pourtant reconnue comme dangereuse, constitue un facteur aggravant majeur lors d’un départ de feu.

Le motif « co-stockage dangereux » n’est retenu dans ce recensement que lorsqu’il est explicitement mentionné dans les sources.

Les règles de prévention incendie interdisent le stockage de produits hautement inflammables ou explosifs dans les bâtiments d’élevage.
Ces principes sont rappelés dans les contrats d’assurance, les sources techniques agricoles Arvalis, les documents institutionnels du ministère de l’agriculture ou encore sur le site Légifrance.
Pourtant, cette pratique est régulièrement observée dans les incendies agricoles recensés.
Dans de nombreux cas, des engins ou matériaux à risque étaient stockés directement dans les bâtiments d’élevage, au contact des animaux.

Où surviennent les incendies agricoles ?

Les départements les plus touchés ne sont pas nécessairement « à risque » par nature mais correspondent à des territoires où l’élevage est particulièrement présent.
La fréquence des incendies y est donc mécaniquement plus élevée.

Les incendies agricoles ne concernent pas uniquement les élevages dits « intensifs ».
Toutes les formes d’élevage sont touchées : petites exploitations familiales, structures moyennes, élevages intensifs ou extensifs.

Si les animaux peuvent être en extérieur une partie de l’année dans certains systèmes extensifs, ils sont majoritairement confinés dans des bâtiments durant l’hiver ou lors de conditions climatiques défavorables.
Or, ces incendies surviennent également en période hivernale, entraînant la mort des animaux enfermés dans ces bâtiments, brûlés vifs ou asphyxiés par les fumées.

Les données montrent ainsi que le risque d’incendie et de mortalité animale traverse l’ensemble des modèles d’élevage, indépendamment de leur taille ou de leur mode de production.

Bâtiment d’élevage détruit par un incendie agricole en 2025

Incendie dans une stabulation à La Chapelle-de-Fougeretz (Ille-et-Vilaine) le 21 janvier 2025.

Ce jour-là, les bovins présents dans le bâtiment ont pu être évacués par les secours.
Un veau, en revanche, n’a pas pu être sorti à temps et est mort dans l’incendie.
Dans les médias, l’événement a été présenté comme l’incendie d’un « hangar agricole ».
Or, les animaux étaient présents dans le bâtiment au moment du sinistre.
Il s’agissait donc bien d’une stabulation, c’est-à-dire d’un bâtiment d’élevage, et non d’un simple lieu de stockage.

Dans de très nombreux cas, les articles de presse qualifient les bâtiments incendiés de « hangars agricoles ».
Or, l’analyse détaillée des contenus montre que ces bâtiments abritaient des animaux au moment de l’incendie.

Dès lors, il ne s’agit plus de simples hangars de stockage mais bien de bâtiments d’élevage.
Cette confusion terminologique est fréquente et a nécessité un travail approfondi de vérification pour chaque sinistre recensé.

Dans ce recensement, un bâtiment n’a été classé comme bâtiment d’élevage que lorsque la présence d’animaux à l’intérieur était explicitement mentionnée dans les sources.
Les statistiques présentées reposent donc sur une requalification rigoureuse des cas, fondée uniquement sur les informations disponibles.

Eléments de clarification

Exploitation animale non agricole :

Cette catégorie regroupe des lieux où des animaux sont détenus et exploités en dehors d’une exploitation agricole au sens strict.
Il peut s’agir, par exemple, d’écuries, d’élevage canin, de structures privées ou d’installations non enregistrées comme exploitations agricoles, dans lesquelles des animaux étaient détenus et ont péri lors de l’incendie.

Camion :

Dans la nuit du jeudi au dimanche, un camion transportant environ 5 000 poulets a pris feu sur l’autoroute A36, à hauteur de la commune de Heimsbrunn (Haut-Rhin).
Une grande partie des animaux est morte brûlée vive dans l’incendie.
Les autres, bien que vivants après l’intervention des secours, ont été considérés comme impropres, euthanasiés et envoyés à l’équarrissage.

Ce cas est intégré séparément afin de rappeler que des pertes animales surviennent également en dehors des exploitations, lors des phases de transport vers des élevages ou vers des abattoirs.

La question n’est pas seulement où ces incendies surviennent mais aussi quand.

Le nombre d’incendies ne reflète pas nécessairement l’ampleur des pertes animales.

Un nombre limité d’incendies concentre l’essentiel des pertes animales, révélant ainsi une mortalité massive lorsque les conditions sont réunies.

Le 04 novembre 2025, incendie agricole de l’exploitation d’Angerville-l’Orcher (76) où 25 veaux ont péri dans les flammes.

Conclusion

Ce recensement met en évidence une réalité largement invisibilisée : les incendies d’élevage constituent avant tout une catastrophe animale.

Des dizaines de milliers d’animaux meurent enfermés, brûlés vifs ou asphyxiés, dans des conditions d’une extrême violence.
Cette souffrance est rarement décrite et encore plus rarement comptabilisée.

Les incendies agricoles sont le plus souvent médiatisés sous l’angle des pertes matérielles et des difficultés économiques des exploitants alors que ce que vivent les animaux au moment du sinistre reste largement absent du récit public.

Parce que ces incendies ne sont presque jamais filmés ou photographiés du point de vue des animaux et que leur agonie n’est ni montrée ni racontée, ils donnent l’illusion de ne pas exister.
Cette invisibilisation contribue à une méconnaissance profonde du phénomène et de sa régularité, y compris au sein de l’opinion publique.

Les incendies d’élevage ne constituent pas une spécificité française.
Ils concernent l’ensemble des pays où l’exploitation animale repose sur la détention d’animaux dans des bâtiments fermés.
Partout, des structures similaires, des modes de confinement comparable et des pratiques de stockage ou d’équipement à risque exposent les animaux à ces drames.

Ces événements révèlent des vulnérabilités structurelles communes à ces systèmes : concentration élevée d’animaux, impossibilité de fuite, absence ou insuffisance de dispositifs de sécurité incendie pourtant systématiquement exigés pour les bâtiments accueillant des êtres humains.
À cela s’ajoutent des négligences, des manques de contrôle et une prévention insuffisante qui rendent ces drames non seulement possibles, mais récurrents.

À l’heure où les animaux de compagnie occupent une place centrale dans la vie de nombreux foyers et où leur sensibilité est largement reconnue, il devient difficile d’ignorer le sort réservé aux animaux d’élevage pourtant dotés de la même capacité à ressentir la peur, la douleur et la souffrance.

Les données présentées ici invitent à une réflexion collective sur nos systèmes de production et sur nos choix de consommation de produits d’origine animale, dont les conséquences dépassent largement ce qui est habituellement visible.

Les données sont mises à disposition au format Excel dans une démarche de transparence des données, permettant la consultation détaillée, le tri des informations et la vérification systématiques des sources.
Chaque ligne contient un lien vers l’article de presse ou la source publique correspondante.

Mention statistique

Ce travail de recensement, de vérification et d’analyse des données a été réalisé à l’initiative du projet Espèces sans issue.

Toute réutilisation de ces données, totale ou partielle, est autorisée à condition de citer explicitement Espèces sans issue comme source.

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